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Simenon, Georges: Le Cercle des Mahe
Facharbeit im Leistungskurs
Französisch
Georges Simenon : Le
Cercle des Mahé
Moritz Pape
Contenu
1 Résumé de
l’action................................................................................p.2
2 Les principaux personnages et leurs
liens.........................................p.3
- Le docteur François
Mahé.......................................................p.3
- Mme
Mahé..............................................................................p.4
- Hélène
Mahé...........................................................................p.4
- Elisabeth
Klamm.....................................................................p.5
- Le thème du roman – l’apparition et l’essai de
réalisation du désir de
changer de
vie...................................................................................p.5
- La prise de conscience du docteur d’avoir une vie non
voulue.|.p.5
- La quête du coupable et le désir de
vengeance.......................p.8
- La nécessité pour le docteur de trouver une issue à sa
vie actuelle.|p.9
4
Conclusion...........................................................................................p.12
5
Bibliographie.....................................................................................p.13
1 Résumé de l’action
Le Roman « Le cercle des Mahé » de Georges
Simenon publié en 1946 traite l’histoire du docteur François
Mahé, âgé de 31 ans qui mène une vie solide
jusqu’à être troublé par l’environnement de son
lieu de vacances, l’île méditerranéenne Porquerolles,
qui l’inciteras à se poser comme but de changer de vie en ayant
comme idée fixe que ceci ne marcheras qu’avec la faveur d’une
jeune fille, Elisabeth, mais ce seras justement ce facteur qui feras
échouer son projet, l’emmenant ainsi droit au suicide.
Lors de son premier séjour à Porquerolles, le docteur se fait
interrompre lors d’une partie de pêche peu fructueuse pour remplacer
dans un cas urgent l’absence du docteur Lepage qui pratique normalement
sur l’île. Arrivant trop tard auprès du patient
déjà décédé, il aperçoit avant toute
autre chose la fille de la morte, Elisabeth Klamm, qui est assise tassée
sur elle-même dans un coin de la pièce. Le regard de cette fille
l’occupe beaucoup.
Se plaignant de malaises physiques, le docteur n’apprécie pas
trop les vacances à Porquerolles et se trouve d’autant plus content
de pouvoir retourner chez lui à Saint-Hilaire, où il se force de
ne plus penser à Porquerolles pendant toute une année. Mais il
gagne l’impression de se trouver dans un monde immuable et monotone , ce
qui l’incite tout à coup à persuader sa famille d’un
nouveau séjour à Porquerolles pour essayer d’y retrouver la
vie mouvementée qui y règne, tout en sachant qu’il ne
s’y plaira pas et en se demandant à quoi cela lui servirait,
puisqu’il avait tout ce qu’il lui fallait dans sa vie
paisible.
Mais ce n’est pas pour autant que les séjours à
Porquerolles se délimiteraient au nombre de deux, les Mahé y vont
encore une troisième fois – cette fois ci ils ont amené leur
neveu Alfred, âgé de 19 ans pour lequel le docteur éprouve
de la haine. Entraîné par le sentiment de devoir la casser, il
excite son neveu sur Elisabeth, qui se laisse déflorer sur-le-champ , ce
qui accentue encore sa haine envers Alfred.
Un dimanche matin, lorsque le docteur est encore dans son lit, guidé
par la pensée que sa mère n’avait choisie sa femme
Hélène que par commodité personnelle, il fait des avances
inutiles à la servante Eva qui entre dans sa chambre pour lui remettre le
courrier. Après avoir lu la lettre de son ami et collègue
Péchade, qui l’informait sur l’éventuel cancer que sa
mère risquait d’avoir attrapé, le docteur gagne une nouvelle
vue de sa mère en tant que personne vulnérable et décide
d’immédiatement quitter l’île pour la rejoindre et de
ne plus revenir à Porquerolles au cas où sa mère survivrait
la maladie.
Mme Mahé ne survit pas le choc opératoire, le dr. Mahé
reprend donc la décision de retourner à Porquerolles, imposant ce
choix à sa femme Hélène et au reste de sa famille, qui dans
ses yeux est responsable de sa vie artificielle et monotone, voulant en plus
à tout prix l’empêcher de fuir l’environnement
familial.
De retour à Porquerolles, le docteur fait
régulièrement des excursions à Hyères, la prochaine
ville sur le continent, où habite Elisabeth maintenant. Errant toujours
dans les environs de l’appartement d’Elisabeth, il n’ose
jamais vraiment la confronter. Il a pourtant un plan : acquérir la
faveur d’Elisabeth et s’établir dans l’île, dans
le cabinet du docteur Lepage, qu’il a déjà acheté
à un prix très désavantageux.
Avec l’approche de la fin des vacances arrive aussi
l’éventuel échouement du plan du docteur : celui-ci,
n’ayant toujours pas trouvé l’approche d’Elisabeth se
trouve piégé deux jours avant son départ, entre son plan
échoué et Saint-Hilaire. Lors d’une sortie en mer avec un
petit bateau, après s’être trop penché, il
n’entreprend rien contre son manque d’équilibre et se laisse
glisser dans l’eau, s’imaginant Elisabeth qui l’attend au fond
et les Mahé qui l’empêchent de s’y rendre.
2 Les principaux personnages et leurs liens
2.1 Le docteur François Mahé
Le docteur Mahé, personnage principal dans le roman, est
médecin dans la commune vendéenne de Saint-Hilaire par tradition
familière. Il fait partie des gens plutôt riches dans son
environnement, ayant à sa disposition une grande maison et des moyens de
transport motorisés, ceux-ci n’étant pas à
l’accès de tout le monde en son temps. Il a été
élevé par sa mère, Mme Mahé, d’une
façon très autoritaire sans jamais avoir développé
une envie de s’en aller de chez lui, étant toujours, même
à l’âge de 31 ans, sous le commandement maternel. Ce
n’est que la vie impulsive de l’île de Porquerolles qui lui
ouvre les yeux sur ce fait [1], en
conséquent il essayeras d’y trouver sa liberté, mais la mort
de sa mère l’emporte sur celle-ci créant un vide
d’autorité dans sa tête, qui s’accentue par le fait que
le rôle du chef de famille s’est transposé sur lui par la
mort de sa mère [2]. Ainsi, le docteur
Mahé incarne l’image d’une personne qui gagne conscience du
fait de se sentir mal dans sa peau, cherchant à tout prix une
solution. [3]
2.2 Mme Mahé
Mme Mahé, mère du docteur Mahé, a le rôle du
chef de famille, ordonnant même encore à son fils de 31 ans les
moindres détails de sa vie, tel qu’une mère le ferait avec
un gamin de dix ans. Jusqu’à son atteinte par le cancer,
c’est elle qui commande tout le monde dans la maison, c’est
d’elle que tout le monde est dépendant et c’est en
conséquent sans elle que rien ne marche et elle en est consciente,
même persuadée [4]. Ce n’est
pas en dernier pour cette raison qu’elle planifie son enterrement
elle-même, jusque dans les détails les plus cachés, le
succès de cet enterrement [5] montrant son
habilité pour des tâches organisatrices. Elle possède
cependant beaucoup de fierté, visible dans sa façon de traiter sa
maladie : elle ne dit rien pendant cinq ans et le jour venu où le
diagnostic est fait, elle repousse toute pitié qui lui est
attribuée et n’accepte pas de se
reposer [6], guidée par la volonté
de ne pas être vue résignante par sa famille et d’avoir une
fin qui lui est digne. [7]
2.3 Hélène Mahé
Hélène Mahé est la femme du docteur Mahé. Sa
vie est caractérisable par l’image type de l’épouse
qui fait tout pour son mari gagneur de sous [8],
s’occupant des enfants et de la santé de tous, ne vivant que pour
la famille, loin de toute conformité personnelle : elle
n’oserait jamais réclamer une faveur qui serait au détriment
de la famille, ne voyant son rôle que dans l’assurance du
bien-être de celle-ci. En conséquent de cette position envers la
vie familiale, ses rapports avec son mari prennent des traits superficiels
(« Une autre femme, en tout cas, aurait occupé son
mari. ») [9], dégradant des
relations personnelles profondes avec celui-ci à un but mineur.
2.4 Elisabeth Klamm
Elisabeth Klamm est la fille de Frans Klamm, un ancien légionnaire
qui est frustré par la mort de sa femme, ayant trouvé comme refuge
l’alcool. Elisabeth, après la mort de sa mère, se retrouve
toute seule avec sa petite sœur à devoir prendre en charge des
tâches importantes du ménage et un père qui est tout le
temps soûlé , jusqu’à devoir déménager
à Hyères pour y travailler. Elle représente pour le docteur
exactement le contraire de sa femme, c’est pourquoi celui-ci se sent
fortement attiré par sa personne : elle est faible, seule et pauvre,
donnant au docteur l’impression d’avoir besoin de son
aide [10], soit d’être
d’ultime importance pour elle.
3 Le thème du roman – l’apparition et l’essai de
réalisation du désir de
changer de vie
Le docteur Mahé deviendra lors du roman sujet d’un
désir profond de changer sa vie, prenant d’abord conscience du fait
que quelque chose dans sa vie ne vas pas bien, cherchant en conséquent un
coupable pour son malheur et une issue à sa vie actuelle.
3.1 La prise de conscience du docteur d’avoir une vie non
voulue
Le processus que le docteur subit pour arriver à voir à
l’état conscient que sa vie ne représente pas ce qu’il
s’imagine d’une vie heureuse est long et pénible et
nécessite l’affront de plusieurs barrières qui
empêchent son état conscient d’admettre ce fait.
D’abord, pendant et après son premier séjour à
Porquerolles, le docteur qualifie explicitement la vie sur l’île
comme quelque chose qui se dirige mentalement et physiquement contre sa
personne, se plaignant de coups de soleil [11],
de fatigue et d’une mauvaise cuisine [12].
Ce point de vue négatif de l’île est aussi visible dans son
rêve avec les péquois [13],
où il accuse la population îloise d’intriguer contre les
étrangers, faute de s’amuser de leur stupidité concernant la
pêche aux péquois. Mais malgré tout, son subconscient
commence petit à petit à collectionner des impressions positives,
plus précisément des faits mais qui sont en collision avec sa vie
à Saint-Hilaire, la mettant en cause : pour le docteur Mahé,
toutes ces choses créent un désordre pour lui
désagréable mais qui n’est pas pour autant négatif.
Un bon exemple serait le déroulement de la vie quotidienne sur
l’île : « Mémé » qui se fait
« sauter » pour 50
francs [14] n’est qu’un exemple des
multiples caractéristiques de la légère façon de
vivre méditerranéenne, qui forme ensemble avec le climat
méditerranéen un contraste non négligeable par rapport aux
habitudes vendéennes définissant la vie
« immuable » [15] du docteur
Mahé . C’est ce contraste qui le trouble et qui crée son
rejet de Porquerolles, non pour la raison que Porquerolles serait moins bien,
mais plutôt parce que c’est différent de Saint-Hilaire. On
peut interpréter ce rejet comme un mécanisme de protection de son
conscient Saint-Hilairien, qui se protège contre la situation
délicate d’avoir vécu cette vie actuelle pour rien pendant
toutes les années, ayant découvert une alternative plus
appropriée à sa personne. A un moment, par exemple, où le
docteur Mahé discute avec son ami
Péchade [16], celui-ci lui rappelant
Porquerolles, il compare tout son environnement à une carte postale
(« ...,il se sentait incrusté dans le décor, et ce
décor ressemblait à une carte
postale. ») [17], tellement ça
ne bouge pas, tellement l’écoulement du temps et des
événements est périodique par rapport a Porquerolles. Cette
comparaison, fruit de son subconscient, se fait au détriment de sa vie
Saint-Hilairienne et on remarque que tout de suite après , le docteur en
fait l’apologie : « Il était donc solide. Il
évitait de rappeler ses vacances à Porquerolles et il ne voulait
même pas y penser » [18].
Cependant, ça seras justement cette comparaison de Saint-Hilaire
avec une carte postale, qui lui donne l’impression d’être
comme prisonnier dans un décor depuis le début de ses jours, le
poussant à la recherche d’un divertissement : « Il avait
besoin d’autre chose, de se détacher du paysage, qui lui paraissait
d’un vide effrayant. » [19] Ce
divertissement étant Porquerolles, la recherche montre un franchissement
de la barrière protectrice, que s’est crée sa
conscience : le docteur a maintenant bien admis de vivre dans un
environnement monotone et se sent en conséquent repoussé par tout
ce qui lui ressemble et attiré par tout ce qui représente le
contraire de sa vie, montrant son désir de s’en débarrasser.
On peut attacher cette hypothèse au cas de son neveu Alfred et celui
d’Elisabeth. Alfred, son neveu est, tout comme le docteur même
l’a été, entrain de grandir de la même façon
que lui : dirigé par sa mère et élevé pour un
futur préconçu [20], montrant donc
au dr. Mahé le contraire de ce qu’il cherche sur
l’île : du divertissement, voire une autre vie,
d’où le fait qu’il s’y retrouve haït par le
docteur. Le contraire est valable pour Elisabeth, qui est « la
négation de sa vie » [21] et
vers laquelle il se sent attiré. (« C’était une
hantise, voilà le mot ») [22]
Tel qu’il se revoie dans la vie d’Alfred, le docteur se revoie aussi
en sa personne lorsqu’il
l’excite [23] sur Elisabeth, on pourrait
qualifier cette action d’une part comme une sorte de test de la part du
docteur, voulant s’assurer qu’une personne comme lui ait la chance
de faire ses preuves auprès d’Elisabeth et d’autre part comme
une façon d’exprimer ses désirs pour une jeune fille sans se
heurter à la morale. Les désirs du docteur pour Elisabeth dans cet
exemple sont montrés d’une part par l’accentuation de la
haine envers Alfred après que celui-ci ait couché avec elle, le
traitant de « sale
type » [24], d’autre part par un
sentiment de devoir la « salir » et la
« casser » [25],
probablement pour justifier moralement le fait d’avoir des sentiments pour
une fille assez jeune, maintenant devenue un peu plus femme.
En effet, cette fascination pour Elisabeth montre une rupture avec sa vie
actuelle, qui le dégoûte de plus en plus. Cette rupture a des
conséquences sur ses relations avec sa famille : celle-ci
n’étant pas sujette aux sentiments négatifs envers la vie
à Saint-Hilaire, a gardée son refus de Porquerolles, comme il
était visible chez le docteur en début de roman. En
conséquent le docteur se sent également repoussé par sa
famille et se distancie de plus en plus de celle-ci, surtout de sa femme :
« Il y avait longtemps que le docteur ne l ‘accompagnait
plus que rarement,... » [26]. Ce
fossé entre lui et sa famille s’agrandit visiblement au cours du
roman. Ainsi le montre le caractère superficiel des relations avec sa
femme, (« Il n’osait pas le dire à sa femme. Or, il
savait que celle-ci avait exactement le même sentiment que
lui ») [27] qui prend des dimensions
de plus en plus grandes jusqu’à mener le docteur à la
conclusion que sa femme soit juste un outil de sa mère pour le
maîtriser : « Avant Hélène, elle tremblait
toujours que son fils fasse des bêtises, attrape une mauvaise
maladie,... » [28]. Cette conclusion
montre son désir de trouver un coupable pour le vide dans sa
vie.
3.2 La quête du coupable et le désir de
vengeance
Etant conscient de se sentir mauvais dans sa vie actuelle, le docteur
trouveras le premier coupable logique : sa mère, dont il
interprète le cancer comme sa vengeance.
Après s’être rendu compte de ne pas être à
sa place dans sa vie , le docteur Mahé passe à une autre
étape : sachant que sa mère a choisie sa femme pour
lui [29], comme toutes les choses dans sa vie,
il se demande pourquoi sa mère avait choisie Hélène. La
seule solution qui lui parait possible est que sa mère l’ait
choisie par « commodité
personnelle » [30]. Il aboutit
à cette solution, parce que Hélène n’a pas de sens
autre pour lui que de servir à sa mère pour le
maîtriser : « Elle était entrée dans la
maison grise. [...] Elle en avait suivi les règles. [...] De sorte que,
pour sa mère, la vie continuait, avec l’avantage de ne plus
à avoir peur. » [31] Ayant
révélé ainsi le comportement intriguant de sa mère
et de sa femme, il en fait les responsables de sa vie, leur reprochant, surtout
à sa mère, de le tenir emprisonné, tout en pensant de faire
le meilleur pour lui. (« Elles l’avaient enfermé, avec
l’air de rien, avec l’air d’être aux petits soins pour
lui, et lui, grand naïf, ne s’en avait pas
aperçu. ») [32]. En
conséquent, il éprouve une nécessité de se venger
auprès de sa femme et auprès de sa mère, d’où
il fait justement ce qu’elles essaient d’empêcher : des
bêtises, comme un adolescent qui par révolte fait les choses
interdites parce qu’elles sont interdites. Il se venge en faisant des
avances à Eva [33], la bonne, tout en
n’ayant pas envie d’elle, ce qui montre bien l’absence de
toute pensée érotique.
D’autre part, le cancer qu’attrape Mme Mahé se
révèle comme important dans la vue que le docteur a de sa
mère : maintenant qu’elle est malade, elle reprend pour lui
une dimension humaine, perdant l’image de la mère toute puissante
à la faveur d’une nouvelle image, celle d’une
« femme aux organes
fragiles » [34]. Le docteur a en plus
la théorie que ça aurait pu être lui, quand il était
bébé, qui ait causé le cancer, voir qui a
« miné » le sein de sa
mère [35] - cette pensée semble
lui être une vengeance égalisant ce que lui a fait sa mère,
qui elle aussi a en quelque sorte miné sa vie avec
Hélène ; puisqu’il prend la décision de ne plus
jamais retourner à Porquerolles au cas où sa mère
survivrait [36], il semble donc avoir
réglé le compte avec sa mère, la voyant en plus maintenant
comme un humain.
3.3 La nécessité pour le docteur de trouver une issue
à sa vie actuelle
Après la mort de sa mère, il se crée un vide
d’autorité chez le docteur, auquel il essayeras en vain
d’échapper par l’intermédiaire d’Elisabeth, se
dirigeant vers le suicide.
Avec la mort de sa mère, le docteur perd toute la substance de sa
vie. Sa mère représentait sa vie, elle faisait tout pour
lui : c’est elle qui a choisie sa femme et son
métier [37], d’où
l’énorme vide d’autorité qui s’est crée
dans la vie du docteur, celui-ci possédant maintenant une vie qu’il
menait sous l’autorité maternelle, ayant à l’heure
actuelle perdue son sens. (« Tout lui était indifférent
de ce qui l’entourait. ») [38]
Il est donc tout seul dans sa maison avec le reste de sa famille, qui elle est
un produit de l’organisation de sa
mère [39] et non seulement il est entre
eux, mais en plus le rôle du chef de famille, qu’il n’arrive
pas à accepter, s’est transposé sur lui.(« En quoi
était-il le chef ? Quelle liberté, quelle sorte de
liberté
gardait-il ? ») [40] De plus le
docteur Mahé se voit piégé dans son environnement,
n’osant pas encore entreprendre quoi que ça soit, faute de ne pas
avoir d’alternative. ( « Il se retrouvait, à trente
cinq ans, [...] avec un emploi du temps déterminé pour chaque jour
de la semaine. [...] Il s’efforçait de le suivre, parce qu’il
n’entrevoyait pas encore d’autre
solution ») [41] Il se sent non
seulement emprisonné par sa vie, mais aussi retenu par les Mahé,
qui lui montrent depuis toujours et sans fin à quel point sa vie et
belle, ce qu’il interprète comme une tactique pour le
retenir [42], et plus il essaye de
s’échapper, plus la résistance des Mahé augmente, son
désir de s’échapper devenant de plus en plus grand. Un bon
exemple serait son rêve avec le « cercle des
Mahé » [43], où le
docteur rêve que tous les Mahé forment un cercle autour de lui, ne
voulant pas le laisser sortir et plus il l’essaye, plus ce cercle se
resserre. C’est ce « cercle des Mahé » qui
représente sa vie à Saint-Hilaire, donnant le titre au roman et
caractérisant l’impossibilité du docteur de sortir de sa vie
actuelle.
Sa tentative de s’échapper du « cercle des
Mahé » est motorisée par Porquerolles et par Elisabeth.
Porquerolles, ayant depuis le début été un lieu tout
à fait contraire à Saint-Hilaire dans les yeux du docteur,
s’y montre comme la seule chance à saisir pour arriver à
son but. Ainsi le montre une comparaison
directe [44] des deux lieux qu’il fait,
où la vivacité de Porquerolles tient comme argument contre la
lenteur et la périodicité de Saint-Hilaire. Elisabeth,
représentant le contraire de sa femme et donc aussi celui, au sens large,
de sa vie [45] est dans les yeux du docteur au
moins aussi important pour son projet de changer de vie que Porquerolles ;
ceci est entre autre visible par le fait qu’il
rêve [46] d’elle, essayant de forcer
ce rêve qu’il ressent comme agréable à revenir.
(« Mais le plus souvent le rêve ne venait pas et, le matin, il se
réveillait
déçu ») [47] Il
qualifie ce rêve comme
« le » [48] rêve
– c’est donc pour lui le rêve ultime – le rêve
qu’il essayeras de réaliser. C’est ayant ce but en tête
qu’il se rend plusieurs fois à Hyères, pour y voir
Elisabeth, ou plutôt pour qu’Elisabeth le voie, prétendant
qu’il y soit « sans
plan » [49] et n’osant jamais se
rendre chez elle après la première visite, où elle
était absente, probablement parce qu’il a peur
d’échouer et de voir son plan tomber à
l’eau.
Or c’est juste ce qui va se passer : le docteur, avant
d’acheter, dans son affectation, le cabinet du docteur
Lepage [50], commence déjà
à douter de sa manière de prendre les choses en main, en
regrettant déjà de ne pas avoir attendu Elisabeth lors de sa
première visite à Porquerolles. (« Il regretta soudain
de ne pas avoir attendu
Elisabeth ») [51] Le docteur voit que
le temps s’écoule trop vite [52],
mais il ne peut plus rien faire sauf acheter le cabinet – avec la fin de
ses vacances arrive le jour où il devrait dire à sa famille
qu’il reste pour toujours sur l‘île et risquer de manquer son
but ultime, Elisabeth, ou alors retourner à Saint-Hilaire. Cette pression
est très bien perceptible dans la succession des deux rêves
suivants : D’abord
« le » [53] rêve et
ensuite le rêve du « cercle des
Mahé » [54].
« Le » rêve est spontanément fini, (
« - Maintenant je suis venu vous chercher pour toujours...
C’était
fini. » ) [55] remplacé
par le second, celui-ci ayant une tournure négative, montrant la
suspension du docteur entre ces deux rêves et ce qu’ils
représentent – l’un la joie (tout est bien qui finit
bien), et l’autre le besoin
« indispensable » [56] mais
impossible de sortir du cercle. Ça sera cette impossibilité de se
libérer qui pousseras le docteur au suicide, la mort restant pour le
docteur la seule solution de se libérer du « cercle des
Mahé ». Ainsi, dans ses fantaisies lorsqu’il
coule [57], ce n’est qu’au moment
même de sa mort qu’il arrive à se libérer,
s’incorporant avec Elisabeth.
4 Conclusion
Simenon a réussi, avec « Le Cercle des
Mahé », à composer une version intéressante
d’une vie menant au suicide, celle-ci n’étant pas celle
d’un personne faible et labile. Au contraire, le docteur Mahé est
une personne sure d’elle, située financièrement et
socialement dans une monde aisé, et qui est d’une popularité
de bon niveau, mais qui sans perdre un seul de ces attributs trouve une raison
de se suicider. Il serait ainsi un sujet intéressant à la
psychanalyse, dans lequel Freud ou l’un de ses compagnons aurait
certainement trouvé plaisir. Simenon a en conséquence crée
un roman psychologique intéressant au langage simple, pouvant être
lu par simple divertissement, par intérêt à la psychologie
ou comme contre-exemple à un changement de vie type.
5 Bibliographie
- Georges Simenon , Le Cercle des
Mahé – Editions Gallimard 1946 folio
policier
[1] Vgl. hierzu : Georges Simenon ,
Le Cercle des Mahé – Editions Gallimard 1946 S.68
oben
[2] Vgl. hierzu ebd. : S.129
mitte
[3] Vgl. hierzu ebd. : S.131
mitte
[4] Vgl. hierzu ebd. : S.120
oben
[5] Vgl. hierzu ebd. : S.122
oben
[6] Vgl. hierzu ebd. : S.116
mitte
[7] Vgl. hierzu ebd. : S.119
mitte
[8] Vgl. hierzu ebd. : S.98
[9] Vgl. hierzu ebd. : S.98
oben
[10] Vgl. hierzu ebd. :
S.160
[11] Vgl. hierzu ebd. : S.38
oben
[12] Vgl. hierzu ebd. : S.37
unten
[13] Vgl. hierzu ebd. :
S.32ff
[14] ebd. : S.78 unten und S.100
mitte
[16] Vgl. hierzu ebd. :
S.53ff
[20] Vgl. hierzu ebd : S.79
unten
[29] Vgl hierz ebd. : S.68
oben
[33] Vgl. hierzu ebd. :
S.101
[35] Vgl. hierzu ebd. : S.106
unten
[36] Vgl. hierzu ebd. : S.108
oben
[37] Vgl. hierzu ebd. : S.68
oben
[39] Vgl. hierzu ebd. : S.128
unten
[42] Vgl. hierzu ebd. : S.128 unten
und S.129 oben
[43] Vgl. hierzu ebd. :
S.160ff
[44] Vgl. hierzu ebd. : S.131 unten
und S.132 oben
[45] Vgl. hierzu ebd. : S. 93
mitte
[46] Vgl. hierzu ebd. :
S.160
[50] Vgl. hierzu ebd. :
S.163
[52] Vgl. hierzu ebd. : S.153
mitte
[53] Vgl. hierzu ebd. :
S.159f
[54] Vgl. hierzu ebd. :
S.160ff
[57] Vgl. hierzu ebd. : S.
173f
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